| CHORUS
Quoi!
Roméo de retour! Roméo!
Pour Juliette il s'enferme au tombeau
Des Capulets que sa famille abhorre.
Les Montaigus ont brisé le tombeau
De Juliette expirée à l'aurore.
Ah! malédiction sur eux!
Juliette!
Roméo!
Ciel! morts tous les deux
et leur sang fume encore!
Quel mystère, ah! quel mystère affreux!
PERE LAURENCE
Je
vais dévoiler le mystère.
Ce cadavre, c'était l'époux de Juliette.
Voyez-vous ce corps étendu sur la terre
C'était la femme, hélas, de Roméo.
C'est moi qui les ai mariés.
CHORUS
Mariés!
PERE LAURENCE
Oui,
je dois l'avouer.
J'y voyais le gage salutaire
d'une amitié future entre vos deux maisons.
CHORUS
Amis
des Capulets nous!
Amis des Montaigus nous!
Nous les maudissons.
PERE LAURENCE
Mais
vous avez repris la guerre de famille!
Pour fuir un autre hymen, la malheureuse fille
Au désespoir vint me trouver.
"Vous seul," s'écria-t.elle, "auriez pu me sauver!
Je n'ai plus qu'à mourir!"
Dans ce péril extrême
Je lui fis prendre afin de conjurer le sort..
Un breuvage qui le soir même
Lui prêta la pâleur et le froid de
la mort.
CHORUS
Un
breuvage!
PERE LAURENCE
Et
je venais sans crainte
Ici la secourir.
Mais Roméo, trompé
Dans la funèbre enceinte,
M'avait devancé
Pour mourir
Sur le corps de sa bien-aimée;
Et presqu'à son réveil
Juliette, informée
De cette mort qu'il porte en son sein dévasté,
Du fer de Roméo s'était contre elle
armée
Et passait dans l'éternité
Quand j'ai paru--voilà toute la vérité,
CHORUS
Mariés!
PERE LAURENCE (AIR)
Pauvres
enfants, que je pleure,
Tombés ensemble avant l'heure,
Sur votre sombre demeure
Viendra pleurer l'avenir.
Grande par vous dans l'histoire,
Vérone un jour, sans y croire,
Aura sa peine et sa gloire
Dans votre seul souvenir.
Où
sont-ils maintenant, ces ennemis farouches?
Capulets, Montaigus! Venez, voyez, touchez,
La haine dans vos coeurs, l'injure dans vos bouches!
De ces pâles amants, barbares, approchez,
Dieu vous punit dans vos tendresses.
Ses
chatiments, ses foudres vengeresses
Ont le secret de nos terreurs.
Entendez-vous sa voix qui tonne:
Pour que là-haut ma vengeance pardonne,
Oubliez, oubliez vos propres fureurs.
CHORUS
Mais
notre sang rougit leur glaive
Le nôtre aussi contre eux s'élève.
Ils ont tué Tybald!
Qui tua Mercutio?
Et Paris donc?
Et Benvolio?
Perfides, point de paix! Non!
Non, liches! point de trêve! Non!
FRIAR LAURENCE
Silence!
Malheureux! pouvez-vous sans remords
Devant un tel amour étaler tant de haine?
Faut-il que votre rage en ces lieux se déchaîne?
Rallumée aux flambeaux des morts?
Grand
Dieu qui voit au fond de l'âme,
Tu sais si mes voeux étaient purs.
Grand Dieu! d'un rayon de ta flamme
Touche ces coeurs sombres et durs.
Et que ton souffle tutélaire
A ma voix sur eux se levant
Chasse et dissipe leur colère
Comme la paille au gré du vent.
CHORUS
O
Juliette! Douce fleur,
O Roméo! Jeune astre éteint!
Dans ces moments suprêmes,
Les Montaigus/Capulets sont prêts eux-mêmes
A s'attendrir sur ton destin.
Dieu! quel prodige étrange:
Plus d'horreur, plus de fiel,
Mais des larmes du ciel
Toute notre ime change.
PERE LAURENCE, CHORUS
(SERMENT)
Jurez
donc par l'auguste symbole
Sur le corps de la fille et sur le corps du fils,
Par ce bois douloureux qui console,
Jurez tous, jurez par le saint crucifix:
De sceller entre vous une chaîne éternelle
De tendre charité, d'amitié fraternelle.
Et Dieu qui tient en main le futur jugement
Au livre du pardon inscrira ce serment.
CHORUS
Jurez
tous/Nous jurons par l'auguste symbole
Sur le corps de la fille et sur le corps du fils,
Par ce bois douloureux qui console,
Nous jurons tous/jurez tous
Par le saint crucifix;
De sceller entre vous/mous une chaîne éternelle
De tendre charité, d'amitié fraternelle.
Et Dieu qui tient en main le futur jugement,
Au livre du pardon inscrira ce serment.
Vous
jurez/nous jurons d'éteindre enfin
Tous vos ressentiments,
Amis pour toujours!
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What! Romeo is back! Romeo!
For Juliet he shuts himself up in the tomb
Of the Capulets, his familys enemies!
The Montagues
have broken into the tomb
Of Juliet who died this morning!
Ah! Curses
on them!
Juliet!
Romeo!
Havens! both dead!
And their blood is still warm!
Ah, what a terrible mystery!
I will unravel the mystery.
This corpse was once the husband of
Juliet!Behold
This body extended on the ground:
It was, alas, the wife of Romeo!
It was I that married them.
Married!
I admit it;
I saw in this the saving token
Of future friendship between your two houses . . .
Us, friends of the Capulets
/Montagues!,
Us! . . . we curse them!
But you went on with your family war!
To escape another marriage
The unhappy girl
In her despair came to find me.
"Only you," she cried,
"Can save me now,
Or I have no recourse but death!"
In this extreme danger,
I tried to change destiny by making her take
A potion, which, that very evening,
Lent her the pallor and chill of death.
A potion!
And I came here unafraid
to help her . . .
But Romeo, misled
in the field of death,
Had got here before me
to die
On the body of his beloved;
And, as soon as she woke up,
Juliet, finding
That he carried death in his broken body,
Used Romeos dagger against herself
And had passed from us into eternal life
When I arrived!that is the whole truth.
Married!
Poor children for whom I weep,
Fallen together before your time,
Future generations will come to weep
At your dark dwelling!
Verona one day, without knowing it,
Will become a city of renown
And its suffering and glory will come
From your memory alone!
Where are they now, these bitter enemies?
Capulets! Montagues! come, look, touch . . .
With hate in your hearts, invective on your lips,
Villains, come near these pallid lovers!
God punishes you through sensitivity,
His chastisement, his avenging flames
Hold the secret of our fears!
Can you hear his voice of thunder:
"If my vengeance is to pardon you on high,
Forget your anger."
But our blood reddens their swords!
And ours
rises up against them!
They killed
Tybalt . . .
Who killed Mercutio?
And Paris?
And Benvolio
Villains! no peace!
No, cowards, no mercy!
Silence! Sinners! How can you impenitently
Display such hatred in the face of such love!
Do you have to unleash your fury in this place,
Lit up by the candles of the dead!
Good Lord, you who see the depths of our hearts,
You know if my wishes were worthy!
Good Lord, touch these hard and bitter hearts
With a ray of your glory!
At my prayer, may your instructing breath
Raise itself upon them,
Hunt down and scatter their anger,
Like grain before the wind!
O Juliet, sweet flower
In this awesome moment
The Montagues themselves are ready
To weep at your misfortune.
O Romeo, extinguished star,
In this awesome moment
The Capulets themselves are ready
To weep at your fate.
Swear, then, by the highest symbol,
On the bodies of your daughter and your son,
By this wood of sorrows, which consoles;
Swear all of you by the holy cross,
To bind yourselves with an eternal chain
Of tender love, of brotherly friendship;
And God, who holds the scales of future judgment,
Will write this oath in the book of forgiveness!
We swear, by the highest symbol,
On the bodies of our daughter and our son,
By this wood of sorrows, which consoles;
We swear by the holy cross,
To bind ourselves with an eternal chain
Of tender love, of brotherly friendship;
And God, who holds the scales of future judgment
Will write this oath in the book of forgiveness!
We swear, by the
highest symbol,
On the bodies of our daughter and our son,
By this wood of sorrows, which consoles;
We all swear to end at last all our enmity, and be friends forever!
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